« Suis-je vrai ? » et la valse du clavier

Suis-je vrai ?

Suis-je un être capable de vérité dans ce monde où je ne vois que faux-semblants et constructions hasardeuses ? Comment puis-je affirmer la véracité de mon être lorsque son sens profond m’échappe complètement ? Un jour je serais ainsi, puis le lendemain, en fonction des circonstances je serais différent. Pourtant je n’ai pas l’impression de mentir ; je ne crois pas et n’ai pas la prétention de vouloir tromper délibérément. Et pourtant c’est le message qu’on me renvoie fréquemment.

« Mais pourquoi tu ne peux pas être franc pour une fois ? »

Mais je le suis toutes les fois.

Je suis fidèle à ce que je sais, et ce que je ne sais pas. Je passe ma vie à apprendre alors ce que je sais évolue forcément. Donc je crois en de nouvelles choses. Aie-je menti pour autant lorsque j’affirmais autre chose ? Non. C’était tout aussi vrai. Chaque fois, chaque phrase et chaque mots sont ponctués de la vérité qui vient du cœur. Mais le cœur n’est pas soumis aux même règles que nous, tu sais. Le cœur, c’est ce truc lourd qui pèse au creux de ta poitrine, celui qui frappe à la porte quand tu aimerais t’oublier. Le cœur n’est pas figé. C’est un élément fluide qui nous glisse entre les doigts alors que nous tentons désespérément de le mettre en cage, de l’accrocher au mur comme un trophée, ou de le passer autours d’un doigt.

Mais le cœur n’est pas figé. Le cœur est fluide et différent à chaque seconde. En est-il faux pour autant ? Personne ne le sait. Ou personne ne le dit. Et moi dans tout ça ? Moi qui suis fluide, amovible, impalpable et inconstant. Suis-je réellement faux ? Quand je crois avoir enfin cerner qui je suis, je me transforme. Je rencontre de nouveaux éléments qui viennent changer mon regard et mon jugement. Je ne me pense pas faux pour autant. Je suis, je le crois, un être de vérité au même titre que les autres. Seulement ma vérité, je ne l’ai pas mise entre des lignes ou des barreaux. Ma vérité je la laisse s’envoler au gré du vent, au gré d’un sourire ou d’une larme. Ce n’est pas cet objet précieux que je vais cacher pour le protéger. C’est cet objet tout aussi précieux que je vais mettre à la vue de tous parce que j’en suis fier, parce que j’en suis heureux.

Suis-je vrai ? Je n’en sais rien. Comme toujours, je dirais, alors avachi sur le comptoir de mon bar préféré, que la vérité est une norme, et je poserai alors la question honnie « Mais qu’est-ce que la norme ? » Qu’est-ce que la norme, putain ? Quel est ce truc qui doit régir nos vies sans qu’on puisse avoir le choix de choisir ? La norme c’est ce truc lourd au creux de ta tête. Celui qui est dur à porter quand ton cœur te dit le contraire. La norme, pourtant, c’est aussi le cœur. C’est aussi la vérité, la tienne, la mienne, la leur. Peu importe. On s’en fout.

Je n’ai pas de réponse à cette question. Comme toujours elle m’amène à plus de questionnements que de solutions. Alors que je laisse mes doigts danser sur mon clavier, mes neurones dansent sur une mélodie différente. Comment pourrais-je pondre quelque chose de construit et de cohérent quand mon point de départ était une question ouverte à laquelle je n’ai pas la réponse ? Quand bien même, je crois que je n’aurai pas envie de répondre.

Suis-je vrai ? Je m’en fous. Sommes-nous vrai ? Qui cela intéresse-t-il si ce n’est ceux qui n’ont d’autre vie que celles des autres ? A quoi bon leur répondre si c’est pour qu’ils ne comprennent pas ? On s’en fout, c’est la seule bonne réponse à une telle question. Reprend du café, ou un croissant ! Ferme les yeux et va au pays de Morphée, ou au boulot ça n’a pas d’importance. Oui… tant qu’on saisit sa vie, on s’en fout.

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